Catégorie : Presse 2016

Message du service Presse : interventions de jean claude Mailly

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jcmailly2mars2016JEAN-CLAUDE MAILLY

  • sera l’invité de Hedwige CHEVRILLON sur BFM BUSINESS : lundi 28 novembre 2016, de 12h30 à 13h00
  • sera l’invité de  Jean LEYMARIE dans « L’Interview Éco » sur France Info : lundi 28 novembre 2016, de 18h45 à 19h00
  • sera l’invité de Francis LETELLIER dans LE GRAND SOIR 3, sur FRANCE 3 : lundi 28 novembre 2016, de 23h00 à 23h30

Le tableau de bord du chômage en France – lefigaro.fr

Chaque mois, Pôle emploi dévoile les chiffres sur les nombre de demandeurs d’emploi en France. Le Figaro propose une datavisualisation interactive des principales données à retenir, de leur évolution au niveau national, mais aussi à l’échelle de votre département.

Tous les mois, les chiffres sur les demandeurs d’emploi publiés par Pôle emploi sont attendus, publiés, commentés, puis décryptés. «Hausse spectaculaire», «baisse en trompe l’œil», «plus forte baisse depuis 1996»… L’analyse de ces données mensuelles est rendue compliquée par la multitude de catégories de demandeurs d’emplois (A, ABC, ABCDE… les uns passant de l’une à l’autre), par des chocs conjoncturels (un attentat par exemple), et même parfois par des bugs techniques.

Souvent, les données sont traitées au niveau national, alors qu’elles cachent de grandes disparités territoriales. Ce qui complique la capacité de chacun de se faire sa propre idée de ce que révèlent ces chiffres.

Pour bien les comprendre et se faire une idée objective de leurs évolutions et répartitions, Le Scan Éco a développé son «tableau de bord du chômage en France», qui offre une visualisation interactive et automatisée des données à retenir sur les demandeurs d’emploi dans l’hexagone: ce qu’ils signifient, comment ils ont évolué ces 12 derniers mois, et comment cette évolution s’est produite dans votre département.

Lire l’article de Marine Rabreau et consulter les infographies sur lefigaro.fr

Jean-Claude Mailly interviewé par l’Humanité : « Les questions identitaires servent à occulter le débat économique et social »

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, se rendra à la Fête de l’Humanité. Une première. Le syndicaliste, qui participera à un débat sur la loi travail au forum social, veut poursuivre la mobilisation. Il s’inquiète de la montée des questions identitaires dans le débat public et de la stigmatisation d’une partie de la population française.

Mercredi 24 août 2016. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, dans son bureau au siège du syndicat à Paris. Photo: Julia Rostagni

Mercredi 24 août 2016. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, dans son bureau au siège du syndicat à Paris. (Photo: Julia Rostagni)

HD. Vous êtes le premier secrétaire général de Force ouvrière à vous rendre à la Fête de l’Humanité. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Jean-Claude Mailly. Je me suis déjà rendu à la Fête de l’Humanité à titre personnel. Étudiant, j’y ai vu des concerts. Cette année, la proposition m’a été faite de participer à un débat avec les six responsables des organisations syndicales de salariés, d’étudiants et de lycéens opposés à la loi travail. Il est tout à fait logique d’accepter. Force ouvrière tient sa place… Quand on a des convictions, on les défend partout.

HD. Compte tenu de l’histoire du mouvement ouvrier et syndical, votre présence est tout de même un symbole…

J.-C. M. On peut y voir un symbole. Pour moi, ce n’en est pas un. Depuis le début de ce conflit, l’unité d’action a bien fonctionné. Cet été encore, nous avons pris des initiatives communes. La lutte contre la loi travail n’est pas terminée.

HD. Que répondez-vous à ceux qui s’interrogent sur la poursuite de la mobilisation alors que la loi a été adoptée et promulguée ?

J.-C. M. Ce n’est pas parce qu’une loi est adoptée qu’on n’a plus le droit de la contester. Cette loi est une loi néolibérale. L’acte fondateur du quinquennat de François Hollande a été l’acceptation sans discussion du pacte budgétaire européen. Qui a enfermé la politique économique de la France dans un carcan libéral. Dans un premier temps, le gouvernement a abordé la question de la compétitivité sous l’angle quantitatif avec le crédit d’impôt aux entreprises du CICE, puis le pacte de responsabilité. L’objectif était d’alléger « le coût du travail ». Dans un second temps, le gouvernement s’est attaqué à l’aspect qualitatif de la compétitivité. D’abord avec le fameux accord national interprofessionnel sur la sécurisation de l’emploi de 2013 qui a donné lieu à une loi, puis la loi travail. Nous continuons à nous opposer à de nombreux aspects comme le licenciement économique ou l’inversion de la hiérarchie des normes, qui donne la priorité aux accords d’entreprise sur les accords de branche. Aujourd’hui, celle-ci concerne uniquement le temps de travail, mais je rappelle que le processus de transformation du Code du travail doit durer 2 ans. Le risque existe que l’inversion de la hiérarchie des normes s’applique demain au contrat de travail ou aux salaires.

HD. Par quels moyens comptez-vous continuer à vous opposer ?

J.-C. M. D’abord, il y a les décrets d’application dont le premier ministre a dit qu’ils seraient tous publiés d’ici 3 mois. La mobilisation peut influencer leur contenu. À FO, nous allons nous doter d’un système de veille interne. Il s’agit d’être vigilant sur la façon dont la loi va entrer en vigueur. Ensuite, des recours juridiques sont toujours possibles. Premièrement, le Conseil constitutionnel n’a pas validé l’ensemble de la loi. Contrairement à son habitude, il n’a examiné que les points précis sur lesquels il a été saisi et n’a pas élargi son examen à l’ensemble du texte. Il laisse la possibilité de déposer des questions prioritaires de constitutionnalité. Deuxièmement, la mise en place de la loi va générer des contentieux. FO accompagnera les salariés concernés jusqu’en Cour de cassation si nécessaire. Troisièmement, nous sommes en train de vérifier si les dispositions de la loi sur les congés payés ou la triannualisation du temps de travail ne sont pas contraires au droit européen. Nous allons continuer aussi à nous mobiliser sur le terrain. D’ores et déjà un meeting commun est prévu avec Philippe Martinez à Nantes le 7 septembre prochain à l’initiative de nos unions départementales respectives de Loire-Atlantique. Il y a enfin la journée d’action du 15 septembre.

« Nous continuons à mobiliser contre la loi travail avec un meeting commun le 7 septembre à Nantes avec la CGT. » HD. Quelle forme prendra-t-elle ?

J.-C. M. Manifestations, rassemblements… tout est envisageable. Nous devons prochainement nous réunir en intersyndicale pour en décider. La mobilisation va se poursuivre. Probablement sous d’autres formes que celles du printemps. Mais une chose est sûre, nous ne lâcherons rien sur ce dossier.

HD. Comment expliquez-vous la détermination des salariés à obtenir le retrait du texte ?

J.-C. M. Loin de la décourager, le passage en force du gouvernement a dopé la mobilisation. C’est la première fois qu’un gouvernement essaie d’imposer un texte multiminoritaire. Ce texte est minoritaire parmi les syndicats puisque les deux organisations qui l’ont soutenu ne représentent que 35 % des salariés. Il est minoritaire parmi le patronat au moins sur la question de la hiérarchie des normes. L’UPA y est hostile et la CGPME aussi d’une certaine façon. Ce texte est minoritaire parmi les députés au point que le gouvernement a dû recourir au 49-3. Enfin il est minoritaire dans la population. Les sondages ont montré que 7 Français sur 10 y sont opposés. Certes la grève ne s’est pas généralisée mais les manifestations ont duré 4 mois. C’est inédit sous un gouvernement de gauche et surtout dans un contexte particulièrement difficile avec les violences en marge des cortèges. D’ailleurs, jamais, je n’aurais imaginé que nous aurions à nous battre pour préserver la liberté de manifester. Nous y sommes parvenus. Je dois dire que le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a eu une attitude républicaine dans ce dossier.

HD. La baisse de 0,3 % du taux de chômage au sens du BIT marque-t-elle le début de l’inversion de la courbe ?

J.-C. M. Non, nous sommes au mieuxdans une phase de stabilisation. Beaucoup des emplois créés sont des emplois précaires. N’oublions pas non plus le phénomène du halo du chômage, c’est-à-dire les 1,5 million de demandeurs d’emploi qui, parce qu’ils n’ont droit à rien, renoncent à s’inscrire à Pôle emploi. Il faut aussi prendre en compte les effets statistiques des mises en formation qui font sortir les demandeurs d’emploi de la catégorie A. On ne parviendra à faire reculer véritablement le chômage qu’avec une croissance d’au moins 1,6 %. Or, les économistes doutent maintenant que la prévision de 1,5 % soit atteinte.

HD. Comment, selon vous, atteindre les 1,6 % de croissance nécessaire à la baisse du chômage ?

J.-C. M. Au niveau européen, il fautrompre avec la logique du pacte budgétaire et des politiques d’austérité dont on mesure qu’elles nuisent à l’idée européenne elle-même. Plus ça va, plus les citoyens considèrent l’Europe, non plus comme un facteur de paix ou de progrès social, mais comme un instrument de remise en cause des acquis sociaux. À l’inverse, il faut mettre en oeuvre le plan d’investissement dans les infrastructures de 260 milliards d’euros par an sur 10 ans que propose la Confédération européenne des syndicats. Au plan national, il faut soutenir le pouvoir d’achat. Non pas par des mesures fiscales comme une nouvelle réduction du nombre de salariés soumis à l’impôt sur le revenu. L’impôt sur le revenu est l’impôt le plus juste. Tout le monde doit le payer même si c’est symbolique. Augmenter le pouvoir d’achat passe par la question salariale. Il faut augmenter le SMIC. Il faut arrêter avec les aides comme le pacte de responsabilité ou le CICE. Il faut recibler les aides aux entreprises. Une aide ciblée, c’est comme un contrat. Il s’agit de conditionner l’aide à des investissements. Et si les engagements ne sont pas tenus, alors les entreprises doivent rembourser. Il faut une réforme fiscale car le système actuel est de plus en plus injuste et inefficace. Le consentement à l’impôt en dépend. Les citoyens acceptent de payer l’impôt quand celui-ci est juste. Pas quand ils ont le sentiment qu’ils paient, alors que d’autres, en particulier des multinationales, y échappent. Il faut enfin soutenir la dépense publique et sociale. C’est bon pour l’activité tandis que la fermeture des services publics sur les territoires remet en cause l’égalité républicaine. Elle nourrit un sentiment d’abandon qui favorise le développement des mouvements de rejet de l’autre.

HD. Après la polémique sur le burkini, êtes-vous inquiet du climat délétère qui s’installe ?

J.-C. M. Le climat est pesant après l’attentat terroriste de Nice. Cela a conduit à lever le pied sur les actions revendicatives que nous avions prévu de mener contre la loi travail. Cela dit, on en fait beaucoup sur le burkini. À titre personnel, je n’y suis pas favorable. Cela ne fait pas avancer la condition féminine. Mais je crains que les questions identitaires deviennent un marqueur de la campagne présidentielle alors que les questions de fond sont économiques et sociales. Il y a un risque que cela se répercute dans l’entreprise. Pour FO, l’entreprise n’est ni un lieu d’expression politique ni un lieu d’expression religieuse. Chacun est libre de ses opinions ou de ses convictions religieuses. La laïcité affirme juste que celles-ci doivent rester privées, mais la laïcité c’est la tolérance. Ce que je crains le plus, c’est que les questions identitaires nourrissent amalgames et tensions. Il y a un risque de stigmatisation. Or, j’ai le sentiment que, tant du côté de l’opposition que du président de la République, l’on met les questions identitaires en avant.

HD. Afin d’écarter les questions économiques et sociales ?

J.-C. M. Lors de la conférence sociale de 2015, François Hollande avait pointé le risque politique et démocratique que représentaient les élections régionales. Je suis intervenu pour dire que ce risque était réel et que le meilleur moyen d’écarter la menace était de s’attaquer aux problèmes économiques et sociaux. Partout en Europe, les mouvements de rejet de l’autre prospèrent en effet sur la crise économique et sociale. Le président de la République m’a répondu que cela n’était pas essentiel et que l’essentiel, ce sont les questions identitaires. Je ne dis pas que les questions identitaires ne sont pas réelles. Je pense qu’elles ne doivent pas être utilisées pour occulter les questions économiques et sociales et l’absence de positions réellement différentes entre les uns et les autres. Je n’ai entendu personne ni du côté de l’opposition, ni du côté du gouvernement prendre position par exemple contre la règle des 3 % de déficit budgétaire. Si les candidats à la présidentielle ne débattent que de la question identitaire, cela veut dire que, sur le reste, c’est la pensée unique.

HD. D’où la crainte que vous avez exprimée que le prochain président de la République tape vite et fort ?

J.-C. M. Vu la réduction de la durée de l’état de grâce, les nouveaux élus agissent de plus en plus vite. Quels que soient les résultats de l’élection. Je m’attends, dès l’élection du futur président, à des mois difficiles. Cela dit, FO ne donne aucune consigne de vote ni au premier, ni au second tour.

Pour vous rendre au Forum social

Cgt, FO, FSU, Solidaires, uneF, unl et Fidl : l’intersyndicale pour le retrait de la loi travail vous donne rendez-vous le samedi 10 septembre, à 18 heures, au forum social de la Fête de l’Humanité, au parc départemental Georges-valbon de la courneuve.

Lire l’entretien réalisé par Pierre Henri Lab, jeudi 1er septembre 2016 sur l’Humanité dimanche du 4 septembre 2016 

Télécharger l’artcile de l’humanité Dimanche -1er septembre en PDF

Loi travail: “Nous ne lâcherons pas”, prévient Jean-Claude Mailly (FO) – Public Sénat

jcmaillyLe secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly promet de “continuer la bagarre” contre la loi travail sur le terrain juridique et prévient: “nous ne lâcherons pas”, dans une interview aux journaux du groupe Ebra à paraître ce lundi.

“Nous ne lâcherons pas ! Nous continuerons la bagarre sur le terrain juridique, par des QPC (questions prioritaires de constitutionnalité) ou des recours juridiques européens”, déclare le leader de Force ouvrière.

“Ce dossier est un ratage complet. Nous nous sommes trouvés face à un gouvernement hyper-rigide, qui ne connaît pas le mot +compromis+”, fustige-t-il.

Jean-Claude Mailly annonce qu’il participera le 7 septembre à un meeting commun à Nantes avec le leader de la CGT Philippe Martinez. Il “n’exclut” pas, par ailleurs, de participer à un débat de la Fête de l’Humanité avec les autres organisations syndicales.

“J’ai un principe: quand on a une position, on peut l’exprimer partout”, selon lui. Pour autant, rappelle Jean-Claude Mailly, “nous conservons notre liberté. Historiquement, FO et la CGT, c’est un peu comme deux sœurs ennemies, et s’il peut y avoir ponctuellement unité d’action, il n’y a pas de recomposition syndicale en vue”.

Un nouvel appel à la mobilisation, le 15 septembre, a été lancé par les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, UNL et Fidl pour réclamer le retrait de la loi travail promulguée le 8 août à l’issue de cinq mois de conflit social.

Lire l’article sur publicsenat.fr

Loi Travail: Manuel Valls va rejouer le 49.3 -BFMTV.com

Le Premier ministre va utiliser l’article 49.3 dès cet après-midi à l’Assemblée nationale au sujet du projet de loi El Khomri. Les députés ne pourront donc ni débattre ni voter ce texte si contesté. Et selon BFMTV, il est peu probable que les frondeurs déposent une motion de censure.

05072016

Le Sénat adopte une version remaniée du projet de loi travail – lemonde.fr

4959517_6_f50e_myriam-el-khomri-au-senat-pendant-l-examen_a809ec1e7c8c2524cb805faee25e3df7Le projet de loi travail, que les sénateurs ont adopté, mardi 28 juin, par 185 voix contre 156, n’a plus grand-chose à voir avec la copie qui leur avait été présentée, au départ. Examiné du 13 au 24 juin, le texte a, en effet, été réécrit en profondeur. Pour la majorité sénatoriale, formée par les groupes LR et UDI-UC, il s’agissait d’esquisser la trame d’une vaste réforme du droit du travail en cas d’alternance en 2017. Les débats ont aussi confirmé que le projet de loi, porté par la ministre de l’emploi, Myriam El Khomri, continuait de susciter de vives critiques à gauche – en particulier chez plusieurs élus socialistes.

Parmi les dispositions les plus emblématiques approuvées au palais du Luxembourg, il y a l’abrogation pure et simple des 35 heures. Elle a été votée lors de l’examen de l’article 2 du texte, qui consacre la primauté des accords d’entreprises sur ceux signés par les branches en matière de temps de travail. Une mesure dénoncée par plusieurs syndicats et par une partie de la gauche, car elle serait de nature à encourager le moins-disant social entre les sociétés d’un même secteur. Les sénateurs de droite et du centre, qui étaient favorables à l’article 2, l’ont amendé en supprimant la notion de « durée légale du travail » pour la remplacer par une « durée de référence » qui serait fixée par accord d’entreprise ; en l’absence d’accord, les salariés repasseraient aux 39 heures par semaine.

En matière de temps de travail, toujours, le Sénat a mis fin à l’obligation (assortie de dérogations) pour les chefs d’entreprises de signer des contrats d’au moins 24 heures avec leurs salariés employés à temps partiel.

Lire aussi : Loi travail : nouveau dispositif hors norme pour encadrer la manifestation parisienne

« Droit à la déconnexion »

Autre changement de taille, qui répond à une attente du monde patronal : le relèvement des « seuils sociaux ». Désormais, les entreprises ne seraient tenues d’organiser l’élection de délégués du personnel que lorsqu’elles comptent au moins 20 salariés, contre 11 à l’heure actuelle. Pour la mise en place d’un comité d’entreprise (CE) et d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’obligation ne jouerait qu’à partir du moment où l’entreprise emploie plus de 100 personnes (contre 50 aujourd’hui).

Un temps envisagé, puis retiré à la mi-mars sous la pression des syndicats, le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement « sans cause réelle et sérieuse » a été rétabli à l’initiative de la majorité sénatoriale. Selon elle, une telle mesure permet d’atténuer la peur d’embaucher chez de nombreuses PME. Le « droit à la déconnexion », inscrit dans le projet de loi afin que les salariés « coupent » leur smartphone ou leur PC durant leur temps de repos et de congés, a été allégé, notamment en retirant l’obligation d’élaborer une charte de la déconnexion dans les entreprises de plus de 50 personnes. Enfin, la généralisation de la garantie jeunes a également été supprimée.

Le texte, voté par les sénateurs, présente « des différences assez marquées avec notre version, notamment sur le dialogue social », explique-t-on dans l’entourage de Mme El Khomri. « Le Sénat, ajoute-t-on dans l’entourage de la ministre, a arrêté des propositions plus proches de celles du patronat. On peut par ailleurs voir que ce qu’ils ont adopté fait écho aux propositions qu’on lit dans les programmes des primaires des uns et des autres. »

Contestation sociale

Le gouvernement cherche ainsi à tirer partie des débats au Sénat pour montrer que sa version, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, est mieux-disante pour les salariés que celle concoctée par l’opposition. Et il entend bien revenir à cette mouture-là de la réforme. Toutefois, certaines mesures votées au palais du Luxembourg pourraient être conservées, pense Jean-Baptiste Lemoyne, rapporteur du texte au Sénat et sénateur (LR, Yonne). Notamment celle qui autorise les entreprises à instaurer le « principe de neutralité » : votée avec un avis favorable de Mme El Khomri, elle vise à encadrer « la manifestation des convictions des salariés » – en visant tout particulièrement les croyances religieuses.

Aussitôt après son adoption au Sénat, mardi, le texte devait faire l’objet d’une commission mixte paritaire – qui n’a aucune chance d’aboutir à une position commune des deux chambres. Il sera de nouveau examiné par l’Assemblée, d’abord en commission des affaires sociales, jeudi, puis en séance, à partir du 5 juillet. Dans l’intervalle, Manuel Valls reçoit, mercredi et jeudi, les organisations syndicales et patronales afin de faire le point sur le texte. Tout l’enjeu maintenant est de savoir si l’exécutif acceptera de revoir sa copie pour désamorcer la contestation sociale, amadouer les frondeurs et s’épargner un nouveau recours au 49.3 pour faire passer la réforme.

Lire l’article de Sarah Belouezzane et Bertrand Bissuel sur lemonde.fr

Echec des négociations sur l’assurance-chômage – Lemonde.fr

Myriam El Khomri, ministre du travail, participe au premier jour d'examen du projet de loi travail au Sénat à Paris, lundi 13 juin 2016.
Myriam El Khomri, ministre du travail, participe au premier jour d’examen du projet de loi travail au Sénat à Paris, lundi 13 juin 2016.
JEAN-CLAUDE COUTAUSSE/ FRENCH-POLITICS POUR « LE MONDE »

Sans surprise, après quatre mois de discussions infructueuses, les partenaires sociaux ont pris acte, jeudi 16 juin, de l’échec des négociations sur l’assurance-chômage. « Le patronat fait le choix aujourd’hui de l’échec de la négociation du régime d’assurance-chômage, essentiellement pour des raisons de conflits internes au Medef », ont déclaré la CFDT et la CFTC.

 

De son côté, le ministère du travail a indiqué que le gouvernement allait « assurer sans délai » la continuité de l’indemnisation chômage en prorogeant la convention actuellement en vigueur au-delà du 30 juin.

Le gouvernement « transposera dans les règles de l’assurance-chômage » l’accord relatif aux intermittents signé le 28 avril, a toutefois annoncé le ministère. Le projet de décret sera transmis au Conseil d’Etat d’ici la fin du mois de juin et publié au journal officiel d’ici la mi-juillet.

L’attitude du patronat critiquée

Par ailleurs, la ministre du travail, Myriam El Khomri, a critiqué « l’attitude du patronat » ayant « conduit au blocage ». Elle souligne que « pour rééquilibrer les comptes du régime, des mesures ambitieuses étaient sur la table », notamment pour lutter contre le recours « parfois abusif aux contrats très courts (près de 50 % des contrats à durée déterminée durent moins d’une semaine) ».

Dans son communiqué, la ministre veut « rassurer l’ensemble des demandeurs d’emploi indemnisés et ceux qui le deviendraient : ils continueront de percevoir leurs allocations sans subir le moindre désagrément. » « Il n’y aura donc aucun impact sur leur indemnisation et leur prise en charge par Pôle emploi », ajoute Mme El Khomri.

Deux principaux points de blocage avaient été notés lors des négociations :
  • le Medef refusait de discuter d’un relèvement des cotisations sur les contrats à durée déterminée (CDD) ; or c’était une condition sine qua non posée par les syndicats pour parapher un éventuel accord ;
  • le projet d’accord qui s’esquissait ne permettait pas de dégager des « économies structurelles », ce dont le régime d’assurance-chômage a précisément besoin, selon une source patronale.

Lire l’article sur lemonde.fr

Lire aussi :   Assurance-chômage : vers un échec de la négociation