Déclaration préalable de la CGT-FO au CCE Extraordinaire du vendredi 20 juillet 2018

La délégation de la CGT-FO présente ce vendredi 20 juillet à ce CCE extraordinaire dont l’ODJ est « Etat des lieux des charges / ressources des services et missions de Pôle emploi en lien avec les charges de travail des agents de Pôle emploi » ne peut décoreller ce sujet de la série d’annonces toutes plus anxiogènes les unes que les autres porteuses d’un avenir sombre pour notre établissement :

• transfert des cotisations salariales Assurances chômage sur la CSG alors même que 70% du budget de Pôle emploi provient des cotisations perçues par l’UNEDIC via les URSSAF,
• lettre de cadrage du gouvernement sur les négociations Assurances chômage,
• suppression de 297 postes Equivalent Temps Plein (ETP) sur 2018,
• suppression des personnels en contrat aidés partiellement remplacés par des jeunes exploités en service civique, sans le moindre droit ni protection sociale, ni même ASC.

Et on nous parle d’une pseudo baisse du chômage qu’il faudrait anticiper, donc envisager plus loin encore la baisse des effectifs de Pôle Emploi… et comme par hasard depuis quelques temps il est demandé aux collègues de mesurer, à la mode taylorienne, leurs actes métiers. Serions-nous à cet égard devenus prestataires de l’IGAS ?

Pour la CGT-FO, nous le réaffirmons aucun poste n’est de trop à Pôle emploi.

Les missions confiées à Pôle emploi ne cessent de s’accroitre, les heures supplémentaires – sans parler de celles écrêtées – se multiplient pour faire face à la charge de travail.

La précarisation et les cohortes de contrats courts, voire ultra courts suivent une courbe à la hausse … exponentielle.

La force de notre établissement c’est le professionnalisme de ses personnels.

Chaque agent de Pôle emploi travaille, sans conteste possible.

C’est même pour cela et ce dès l’annonce l’an passé d’une baisse des effectifs à Pôle emploi pour l’année 2018 à hauteur de 297 ETP (mais soulignons que dès l’adoption de la loi de finance fin 2017, celle-ci induisait des milliers de suppressions de postes), que nous avons toujours condamné tout discours ou prise de position publique tendant à considérer que l’on pourrait se passer collectivement de quelque emploi que ce soit à Pôle emploi pour continuer à indemniser et aider les salariés privés d’emploi à retrouver du travail de manière pérenne.

Sauf à vouloir mettre en œuvre une nouvelle fois un principe maintenant bien rodé, principe échafaudé par ceux qui clament sans cesse qu’il y a toujours trop de fonctionnaires, trop de service public, principe qui fonctionne invariablement comme suit : pour casser un service public et le démanteler, on commence par le priver de moyens, pour ensuite dénoncer son incapacité de fait à assurer les missions que lui confie la loi.

On n’en est plus à accuser son chien d’avoir la rage pour pouvoir le piquer mais carrément au point de la lui inoculer pour mieux s’en débarrasser.

Loin d’être rassuré par le lancement d’une mission d’enquête de l’IGAS, dont on ne doute pas du professionnalisme, permettons-nous ici d’affirmer que nous ne doutons pas non plus de sa dépendance vis-à-vis de la tutelle politique.

Notre organisation syndicale se pose clairement en farouche opposante à toute suppression de postes à Pôle emploi. Et nous les combattons avec fermeté et détermination.

Non seulement nous voterions CONTRE ces suppressions de poste si le CCE devait se prononcer sur cette question, mais nous revendiquons une fois de plus et dès à présent la CDIsation de tous nos collègues en contrat précaire et le renforcement des effectifs de Pôle emploi, non pas pour se consacrer au contrôle des demandeurs d’emploi mais pour mieux les indemniser, mieux les accompagner dans leur tentative de retrouver un emploi stable. Et ce, dans un contexte on ne peut plus difficile que les chiffres ne démentent pas, n’en déplaise à nos gouvernants, de chômage toujours à la hausse au regard des 3 catégories A, B, et C confondues.

Maintenir voire augmenter les effectifs de Pôle emploi, c’est bien sûr, améliorer la conciliation vie professionnelle/vie privée de tous les agents, mais aussi et surtout mieux traiter les demandes d’allocations, mieux accompagner les DE vers un retour à l’emploi pérenne, mieux réaliser l’intermédiation et la prospection, mieux épauler les jeunes en service civique… toutes choses que la digitalisation à marche forcée ne rend pas aujourd’hui, ce que chaque agent, dans chaque agence, chaque service, constate quotidiennement.

Aussi, déplorons-nous que ce CCE extraordinaire se tienne si tardivement, un vendredi 20 juillet. C’est sans doute là le marqueur d’une volonté de ne pas affronter l’inquiétude, si ce n’est la colère des personnels et de leur représentants, et ce alors même que nous avons réclamé ce CCE il y a déjà plusieurs semaines et en l’absence du directeur général … mais c’est habituel … sans doute son sens du dialogue social.

Noyée sous un flot de documents qui confortent nos analyses sans nous fournir la moindre réponse quant aux perspectives d’avenir de Pôle emploi, notre délégation aurait souhaité que nous soit a minima fournie la typologie des postes supprimés dès cette année par ces décisions arbitraire et infondées, le flou artistique étant entretenu à tous les niveaux de Pôle emploi.

Sans attendre que la nouvelle loi de finances vienne chiffrer à l’automne les sacrifices que devra faire Pôle emploi et surtout ses agents pour complaire aux tutelles politiques et financières, nous appelons d’ores et déjà l’ensemble de nos collègues à se mobiliser pour défendre nos emplois, nos conquis conventionnels et notre protection sociale collective.

Car contrairement à ceux qui auraient déjà acté comme inéluctable une baisse des effectifs à Pôle emploi, voire à ceux qui seraient éventuellement prêts à l’accompagner en mode co-gestionnaires résignés, nous nous voulons porteurs d’un message de résistance sociale face à la volonté gouvernementale de nous faire passer à terme d’une fusion fondatrice à une évaporation dévastatrice.

Nous l’avons déjà dit ici et nous le martelons volontiers : nous ne sommes pas des grenouilles que vous ferez rôtir à petit feu pour satisfaire aux ukases du gouvernement.

« Touche pas à mon poste ! », tel est notre mot d’ordre explicite.

Que chacun choisisse à présent son camp.

Le nôtre, c’est et ce sera toujours celui de tous les agents de Pôle emploi ! C’est là notre mandat.

Télécharger la déclaration préalable de la CGT-FO au CCE extra du vendredi 20 juillet 2018

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