Flash CCE 27 février 2018

La CGT-FO a lu cette déclaration préalable au démarrage de l’instance CCE:

“A l’ordre du jour de ce CCE figurent 2 points d’information concomitants sur la baisse des effectifs et la répartition de la montée en charge des services civiques à Pôle emploi.

Comment ne pas faire le lien entre cette injonction gouvernementale exigeant de la direction générale de Pôle de baisser ses effectifs CDI et celle lui enjoignant dans le même temps d’assumer à hauteur de 3200 postes l’intégration de services civiques dans les agences de Pôle emploi ?

De quelle logique paradoxale relève ce grand écart entre la baisse des effectifs en CDI et le recours aux services civiques compensant pour partie la suppression des contrats aidés ?

A-t-on besoin d’être épinglé par la Cour des Comptes pour savoir ce que nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer ici à plusieurs reprises, à savoir le recours à ces « contrats » spécifiques pour ne pas dire parallèles, pour tenir des postes et assurer des activités normalement dévolus à des agents relevant de la CCN ou du statut public ?

Il ne s’agit pas pour nous de stigmatiser ces personnes utilisées au titre des services civiques. Il s’agit au contraire de revendiquer et de réclamer une fois de plus l’arrêt de la baisse des effectifs en CDI de Pôle emploi, la pérennisation des collègues sous contrat précaire et la fin des dérives consistant à confier une partie des activités de conseiller à des personnes non salariées de Pôle emploi. Voire demain à des bénévoles à temps plein, pour mieux dévoyer insidieusement la CCN et nos garanties conventionnelles et nos statuts, si le gouvernement venait à l’exiger. En la matière, notre revendication est simple : un véritable emploi rémunéré par un vrai salaire, pour tous, dans le cadre d’une authentique égalité professionnelle.

Quand on sait combien de milliards d’euros ont été dilapidés ces dernières années au profit des entreprises du CAC40 sous couvert du CICE, véritable gabegie économique dénoncée de toutes parts, qu’on ne vienne pas nous dire qu’il n’y a pas d’argent dans ce pays.

La question, de la hausse de la CSG finançant la suppression de l’ISF, du gel du point d’indice en passant par les coupes sombres dans le budget du ministère de l’emploi d’ici à 2022 et le rétablissement du jour de carence, c’est effectivement de savoir pour qui sont ces milliards qui font si cruellement défaut à l’ensemble des services publics, comme au service public de l’emploi en particulier, face aux milliers d’emplois que certains grands groupes ont d’ores et déjà prévus de détruire cette année, bien aidés en cela par les ordonnances Macron-Pénicaud.

La réponse, politiquement antisociale, nous la connaissons déjà à la CGT-FO, nous la réfutons et nous continuerons à la combattre syndicalement, en luttant contre toute régression sociale, à Pôle emploi comme ailleurs.

Par ailleurs, nous ne pouvons débuter ce CCE sans évoquer la problématique de l’ORS, observation de la relation de service générant des situations pathogènes, ayant amené une collègue de Nouvelle Aquitaine à commettre un geste qui aurait pu lui être fatal.

Validé par aucune organisation syndicale, l’ORS est pleinement le fruit de la volonté de la Direction Générale de s’inscrire dans un contexte politique d’individualisation des rapports entre un employeur et ses subordonnés voulu par le gouvernement.

Un courrier intersyndical CGT-FO/SNU-FSU/CGT/CLL/UNSA/Solidaires SUD emploi a été adressé au directeur général au début de ce mois. Sa réponse ne fait que renforcer notre demande initiale, à savoir le retrait de l’ORS.”

Baisse des effectifs à Pôle emploi : pour la CGT-FO, c’est non ! Aucun emploi n’est de trop à Pôle emploi ! 

Dans le document fourni par la Direction à la demande récurrente de la CGT-FO, depuis plusieurs séances, on prend enfin connaissance des volumes de postes supprimés, par établissement (cf. PJ). Etonnamment, la DG ne nous a fourni qu’un état des lieux statistique, sans préciser la nature des postes (quel métier ?) ni les modalités de suppression de ces postes (départs à la retraite ? ruptures conventionnelles ? autres ?).

Par ailleurs, nous avons découvert à cette occasion que la Direction fusionnait les chiffres de la DG et de la DSI, sans qu’il soit possible de distinguer la « contribution » respective de ces deux établissements. Le prélude à une fusion organisationnelle ? C’est la question que nous avons posée. Réponse étonnante : l’arbitrage des efforts entre DG et DSI n’est pas encore fait.

A ce jour, les « – 297 ETPT » font figure d’objectifs fixés aux régions, chacune ayant la main pour choisir les postes qui ne seront pas remplacés et sur quelles modalités (départs naturels ou autres…).

Pour la CGT-FO, aucun emploi n’est de trop à Pôle emploi, ni cette année, ni dans les années à venir ! Sachant que le gouvernement exige une baisse de la masse salariale de Pôle Emploi et non des économies de fonctionnement (au hasard en se passant de nombreux consultants…), le message est clair : Pôle emploi est menacé.

Aussi, revendiquons dès à présent la CDIsation des contrats précaires, en appelant tous les salariés de Pôle emploi à se mobiliser le 22 mars prochain pour défendre les services publics et nos emplois !

PIC (plan investissement compétences) et dispositif 500 000 

La Direction se félicite dans le bilan « 500 000 » d’avoir financé une majorité d’actions de formation certifiantes basées sur la satisfaction des besoins immédiats des entreprises. Pour la CGT-FO, les 4,5 Mds d’euros du PIC devraient servir principalement à obtenir des diplômes et des qualifications reconnues par les conventions collectives de branche plutôt que des blocs de compétences qui saucissonnent les qualifications pour au final spécialiser toujours plus les emplois. Et faciliter l’obsolescence programmée des compétences.

Suite au questionnement de la CGT-FO, la Direction a présenté des éléments sur le contrôle qualité des Organismes de Formation, enjeu majeur de la réforme de la Formation Professionnelle, notamment au regard de « la manne providentielle » du PIC. Pour la CGT-FO, la vraie priorité n’est pas le renforcement du contrôle des chômeurs mais le contrôle qualité des parcours de formation et des Organismes de Formation sélectionnés. Il en va de la crédibilité de notre mission de service public de l’emploi. 

La Direction passe encore une fois à côté de l’essentiel pour l’unique et mauvaise raison que la feuille de route du DG consiste avant tout à réduire les effectifs du service public de l’emploi !  

Information sur le profil de compétences des DE 

Pour la CGT-FO, cette approche « compétences » pour les demandeurs comme du reste pour les salariés de Pôle emploi n’est pas une logique que nous cautionnons. Pour nous, les qualifications doivent primer. En matière de retour à l’emploi comme de Classification, les salariés doivent être payés pour ce qu’ils savent faire, pour leur expérience et leurs diplômes et non pour ce que l’employeur entend rémunérer à un instant « T ». Sauf à vouloir ubériser totalement le monde du travail, ce que nous combattons.

Le recours à un nouvel outil digital « profil compétences » va amener le conseiller à faire exactement le contraire de ce qu’il a appris en formation OTLV puis CEP : prescrire des formations « proposées » par une machine au lieu de coconstruire un véritable projet professionnel avec le DE dans le cadre d’entretiens de face à face.

Répartition des services civiques en 2018 

Pour la CGT-FO, et nous l’avons rappelé dans notre déclaration préalable, ces services civiques abusivement qualifiés de « contrats » civiques (alors qu’il n’est nullement question de contrat de travail en la matière) ne doivent pas effectuer d’activités relevant de nos métiers. Epinglée par la cour des Comptes sur ce fait avéré (https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/07-service-civique-Tome-2.pdf) et dénoncé par notre organisation dans les CE comme en CCE, la DG entend–elle démultiplier ce type de « services » (3200 en 2018) pour satisfaire les tutelles gouvernementales, capables de réclamer la baisse de nos effectifs CDI tout en exigeant le recours massif à ces « services » ? Réponse oiseuse de la Direction inféodée aux injonctions du gouvernement, qui entend faire ce qu’on lui demande, sans marge de manoeuvre, acceptant dans le même temps qu’on nous en demande toujours plus avec moins de moyens humains qualifiés. Ne nous y trompons pas, à terme rien n’empêche le gouvernement de réclamer la prise en charge par Pôle emploi de « contrats » dérogatoires à la CCN, sous la forme d’un éventuel bénévolat, aux antipodes de notre conception d’un service public de qualité. Pour la CGT-FO, Pôle emploi n’a pas vocation à devenir l’Emmaüs de l’emploi ! 

Votre délégation CGT-FO, au CCE : Aissa DJEHICHE, Nadia FORT, Khalid MAKHOUT, Katia OBIANG, Yann RENAUD, Caroline ROBIN, Marie-Carmen TORRES, Fabrice SMACCHIA, et RS CGT-FO, Sébastien SOCIAS

Télécharger le tract Flash CCE 27 fevrier 2018

Télécharger la déclaration préalable CGT-FO au CCE du 27 02 18